
Françoise Ménidrey parle de son métier et confie ses conseils.
Autodidacte: “faire du cinéma” n’était pas une évidence pour moi. En 74 j’ai atterri sur un plateau à la régie. J’ai poursuivi là-dedans avec William Klein pour son film Le couple témoin puis il m’a emmenée faire de la pub et j’ai commencé à faire du casting. J’ai écumé les cafés-théâtres, et j’ai fini par recruter Josiane Balasko, Michel Blanc… des inconnus à l’époque. J’ai enchaîné ensuite les castings de pubs.
C’était des gens comme Rappeneau, J.J Annaud qui les réalisaient. Je les ai suivi au grand écran. Je devais avoir un bon karma.
Quand j’ai commencé le casting, on devait être trois à l’exercer. Tout ça était très nouveau. Et à cette époque la seule façon de pouvoir voir travailler un acteur et dénicher un talent, c’était d’aller au théâtre ! Et aujourd’hui, j’y vais toujours beaucoup. Dans mon travail j’essaie de privilégier les échanges avec le réalisateur.
Je pense que la première qualité d’un directeur de casting est de savoir entrer et se fondre dans un univers. Je propose très peu de comédien par rôle, 5 maximum. Et j’évite de tester. Ce qui est intéressant, c’est de découvrir une personnalité.
Il ne faut pas hésiter à envoyer un bout de vidéo. Choisir un monologue et se faire filmer… Bien sûr, on ne peut pas tout voir par manque de temps. C’est comme pour les spectacles : l’offre est tellement énorme ! On est de moins en moins disponible, on passe donc à côté de comédiens très prometteurs.
Il n’y a pas de bonne solution. Ce n’est plus une question de talent, de travail. Peut être est-ce du karma…