"Le Polaroid" va t-il quitter définitivement nos plateaux et les mains des chefs de file au profit de celles des accessoiristes ?
Aujourd’hui c’est l’activité de films à développement instantané de la firme Polaroid qui cesse avec la fermeture des trois dernières usines dont deux aux Etats-Unis et une au Mexique. Il reste environ une année de stock de films pour les utilisateurs du célèbre appareil, dont la fabrication proprement dite a cessé, sans faire de vagues, il y a plus d’une année. D’abord les appareils professionnels (liés à des films de grande dimension). Ensuite, la production a aussi cessé pour les appareils grand public. On les retrouvait au hasard des bacs de magasins spécialisés dans le déstockage.
L’alerte avait déjà été donnée à la fin des années 80, lorsque Polaroid avait alors poursuivi, contre vents et marées, son activité traditionnelle suivant l’invention réalisée en 1937 par un jeune américain de 20 ans. L’entreprise s’était parallèlement endettée pour tenter de prendre, sans succès réel à cette époque, le virage du numérique afin de résister à une offre de rachat hostile.
Faute de films de la marque Polaroid, les utilisateurs acharnés pourraient vraisemblablement se procurer les films instantanés Fujifilm. En outre, avec la cessation de sa production films instantanés, Polaroid met désormais en vente sa fameuse technologie. Elle n’est donc pas irrémédiablement condamnée.
De son côté, l’entreprise n’abandonne pas son métier d’origine concernant la production photo instantanée ni son secteur de marché, basé sur la vente de consommables, allié, pour la circonstance, à la photo numérique. Pour ce faire, Polaroid s’est associée avec Zinc Imaging Inc, qui a mis au point une imprimante photo miniature reprenant le principe de l’instantané : le papier photo contenant les pigments nécessaires à l’apparition de la photo.